mercredi 1 février 2017
Hanta et Bertrand en France : séjour à Saint Brévin
Après notre agréable séjour à Mada, fin juin, début juillet, nous avons retrouvé avec grand plaisir Hanta et Bertrand qui nous avaient si merveilleusement accueillis chez eux pour quelques jours et fait découvrir le centre Handri et le terrain de Morarano Gara.
Autour de la table du restaurant le Walkyrie à Saint-Brévin, Marie-Paule, Jean-Claude (qui les avaient accueillis à Pornic), Annie et moi, avons échangé souvenirs et projets avec eux, puis nous leur avons fait découvrir le front de mer brévinois et son célèbre serpent. Annie les a ensuite installés dans la maison dont elle dispose à proximité afin qu’ils puissent être autonomes, se reposer un peu avant une visite rapide de Saint-Nazaire et une vue panoramique depuis la terrasse de la base sous-marine.
En soirée, nous nous sommes retrouvés chez Annie à une dizaine de personnes, Hanta et Bertrand, bien sûr, Cathy, Erwan et Tolotra, Anna et Morgane pour qui Mada n’a plus de secrets, Catherine et Denis qui ont découvert les joies du parrainage lors du dîner spectacle à Bourgneuf. Les échanges furent riches et fructueux.
Le lendemain, après une nuit calme à une encablure de l’océan, nous sommes partis l’apprécier sous un autre angle à Noirmoutier, défiant la purée de poix qui enserrait le pont et nous privait de la vue de la Baie à marée montante. La brume ayant eu la bonne idée de se dissiper à notre arrivée au passage du Gois, le spectacle se révéla tellement fascinant pour nos deux invités qu’il fallut un peu les en arracher afin de ne pas faire trop attendre le service du Mord’Eau, restaurant, au Port du Bec, au pied des éoliennes de Bouin.
Annie continua avec eux la visite de la région par la découverte du chemin des douaniers depuis La Fontaine aux Bretons, Michel ayant une obligation impérative par ailleurs.
Le dîner à quatre chez Annie, avant une dernière nuit dans la maison au milieu des pins, marquait la fin de leur séjour littoral.
Jeudi pointait son nez, Hanta et Bertrand étaient attendus par Jean-Claude pour une première étape nantaise.
Annie Boju et Michel Moinier.
Hanta et Bertrand en France : au Collège le Grand Beauregard de La Chapelle sur Erdre.
A l'occasion de son séjour dans la région nantaise, Hanta est intervenue le jeudi 3 novembre, devant trois classes de 5è du collège le Grand Beauregard de la Chapelle-sur-Erdre.
Cette intervention prenait tout son sens dans le cadre du programme de géographie qui aborde des thématiques liées à la pauvreté et à l'inégal développement dans le monde. Hanta leur a expliqué, avec le support d'un diaporama, comme tous les aspects de la vie quotidienne étaient rendus compliqués par la pauvreté : l'accès à l'eau, au logement, à l'éducation…
Les élèves ont beaucoup réagi , ont posé de nombreuses questions et ont été très surpris par la différence de niveau de vie. Nous avons su par le témoignage des parents que nous avons eu l'occasion de rencontrer peu de temps après, que de nombreux élèves avaient été très marqués par cette intervention et qu'ils en avaient parlé à la maison.
Le dialogue avec Hanta a rendu concret le fait qu'ailleurs dans le monde, des enfants n'ont pas accès à des services indispensables au développement de la personne et qui sont pour nos élèves d'un accès quotidien.
lundi 17 octobre 2016
Quelques jours au Centre Handri #2
Aujourd'hui, j'ai mangé un yaourt. Mon seul yaourt du voyage.
Pendant longtemps, j'en ai mangé un chaque matin. Mais à
Madagascar, un yaourt, ce n'est pas rien ! D'abord, parce qu'il
n'y a plus de produits Tiko : l'ancien président, Marc
Ravalomanana avait inondé le marché, mais il a été exproprié de
ses entreprises après le coup d'état de 2009. Ensuite, parce qu'on
trouve facilement des yaourts faits maison... avec mon estomac de
vasaha, c'est une expérience que je n'ai pas osé tenter. Les
yaourts sont faits dans des boîtes plastiques lavées à l'eau, et
l'eau n'est pas toujours potable. La fermentation se fait en mettant
les boîtes au soleil toute la journée. Les yaourts sont ensuite
stockés dans des glacières ou des frigos, mais il y des délestages
fréquents, même à Tana...
Ce jeudi après-midi, il fait beau, je suis au Centre avec
Rachelle et Vanessa. Hanta et Bertrand ont des obligations familiales
en ville, les autres internes sont à l'école ou dans leurs familles
pour les vacances. Rachelle est étudiante en droit par
correspondance, elle est donc à la maison la plupart du temps.
Vanessa, elle, est en vacances, mais n'a pas de famille. Elle vit
donc en permanence au Centre.
Les deux demoiselles ont pour mission de s'occuper de moi et de
travailler leur français !
Rachelle et moi nous installons à l'une des tables dans la salle
d'étude pendant que Vanessa regarde des dessins animés sur Youtube.
Je dois aider Rachelle à rédiger un devoir en droit des
assurances... Son principal problème, m'explique-t-elle, est en
méthodologie. Ça tombe bien : je ne connais rien en droit, et
mes connaissances en assurance sont celles d'une assurée lambda, qui
appelle la MAIF une fois tous les 5 ans ! Nous passons ensuite à
une analyse de textes sur la fiscalité des entreprises publiques...
Heureusement je sais construire une dissertation, on arrive donc à
s'en sortir, après deux heures de travail intense.
Comme l'ordinateur est allumé, je propose de montrer aux filles
la ville où j'habite : nous regardons des photos de Saint
Nazaire. Les chantiers navals, avec les paquebots en construction les
laissent pantoises...
Il est temps de se faire une balade dans le quartier si nous
voulons profiter du soleil. C'est l'inconvénient des voyages à Mada
en juillet, le soleil se couche à 17h30. Nous nous promenons,
passons devant les écoles des enfants : l'une d'elles s'appelle
Les Nounours ! Je reconnais certains lieux, une église, le
marché, la place principale, terminus des bus à Itaosy Cité. C'est
une sensation agréable, l'impression d'être un peu chez moi, aussi.
Ici, j'ai mes repères, j'ai eu des habitudes. La rue est animée, il
y a des gargotes, des marchands, des boutiques. Je propose aux filles
de leur offrir un goûter, pour profiter encore de ce moment partagé,
et les laisse choisir ce qu'elles veulent manger. Je les vois
échanger des regards, les yeux de Vanessa pétillent : « un
yaourt », chuchotent-elles !
Aucune pensée pour la chaîne du froid, je savoure :
Socolait, saveur vanille !
Quelques jours au Centre Handri #1
Premier jour au centre Handri, juillet 2016
Je suis arrivée cette nuit à Madagascar, Bertrand vient me
chercher à la chambre d'hôte. J'ai prévu de passer 3 jours au
centre, pour commencer ce voyage. Il fait beau, mais froid, c'est
l'hiver austral. Je rajoute une polaire sur mon gilet : tant pis
pour l'élégance, le froid des Hauts Plateaux est vif. Je suis
contente d'être arrivée, les retrouvailles avec Hanta et Bertrand
sont chaleureuses. Avec les filles présentes, il y a plus de gêne,
de retenue, nous ne nous connaissons pas si bien que ça ! Hanta
m'entraîne dans une visite du lieu, pour que je découvre les
évolutions... et en trois ans, il y en a !!!
A l'étage de la grande maison d'abord, une nouvelle pièce a été
construite, car le toit terrasse avait des fuites : c'est là
que les futurs bacheliers révisent, mais dans l'avenir, ce sera une
salle de sport : il faut que les enfants soient en bonne
condition physique … Derrière la maison, ensuite, un château
d'eau a été installé : il s'agit d'une tour, sur laquelle
sont disposées deux énormes cuves. Apparemment, c'est leur poids,
conséquent, qui aurait abîmé le toit terrasse. Tout cela est relié
au puits, grâce à la pompe financée par les Niortais : les
maisons ont à nouveau l'eau courante.
Nous allons ensuite voir l'avancée des travaux dans la maison des
enfants, qui elle a été financée par la course des héros. Devant
la porte, un employé peint en jaune le mobilier pour les petits :
tables, chaises fabriquées maison... A l'intérieur, un pigeon
s'envole, quelques planches traînent au sol, mais les travaux
semblent bien avancer. L'objectif est de finir le mobilier très
rapidement, pour un emménagement en septembre. Ce seront finalement
les nounous et les bébés qui seront dans cette maison, et les
filles internes intégreront ce qui était jusqu'à présent la
maison des bébés. Elles auront bien plus de place que dans les
chambres où elles sont en ce moment. Et les garçons internes, moins
nombreux, prendront leur place dans la grande maison. Trente
personnes, cela nécessite un peu d'organisation !!
Le poulailler est toujours en service : les poules pondeuses
assurent une petite rentrée d'argent au centre. Dans ce qui fut une
étable sont installées les cailles. Il y a aussi une couveuse dans
le salon, pour les cailles nouvellement écloses. La mère d'enfants
parrainés intervient d'ailleurs dans cet élevage, ce qui lui permet
d'avoir un revenu régulier. Plus loin, quelques canards s'ébattent
dans une fosse. La production de foie gras était trop compliquée à
mettre en œuvre, ce projet a donc été abandonné.
Nous allons ensuite rendre visite aux bébés et aux nounous :
c'est, pour moi, un moment toujours émouvant. Les nounous parlent
peu français, et ma connaissance du malgache est encore plus
lacunaire. Nous nous sourions, sans savoir que dire. Et viennent,
naturellement, les jeux, les câlins, les chansons... je passe un
chouette beau moment.
Des bruits dans la cour, les grandes reviennent du lycée ou de
leur école. Je retrouve Linda, Rojo, Hortense, Génie. Papote avec
elles dans la cuisine, pendant la préparation du repas. Linda et
Rachelle, très à l'aise en français, assurent la traduction quand
c'est nécessaire.
Ce premier repas est ensuite l'occasion d'échanger des
nouvelles : les familles, les amis, l'association, les projets
du centre... Demain, c'est dit, nous travaillons sur le dossier
parrainage et sur la venue d'Hanta et Bertrand en France.
Pour l'heure, je m'incruste dans la chambre des demoiselles...
Hanta se joint à moi, et incite les filles à profiter de ma
présence pour s'améliorer en français. J'ai l'âge d'être leur
mère, seules Linda et Rachelle me connaissent bien. Pour les autres,
c'est l'angoisse, elles sont tout intimidées ! Nous instaurons
un tour de chambrée, où chacune se présente, me dit quelles sont
ses études. C'est trop académique pour moi, et nous partons dans
une conversation beaucoup plus spontanée où il est question de
réseaux sociaux, de photos, de protection de la vie privée, d'amis
réels et virtuels... Les préoccupations des jeunes sont les mêmes,
finalement, ici et là-bas !
Avant d'arriver au centre, j'ai vu la misère dans les rues, les
militaires en faction, tous les 30 mètres, sur la route de la digue,
j'ai senti les pots d'échappement dans les embouteillages monstres
de Tana, j'ai mangé une nourriture excellente mais au goût
prononcé, j'ai entendu une langue que j'adore mais que je ne
comprends pas, j'ai touché la joue de ces bébés qui ne demandent
qu'à être câlinés. Mes sens n'en peuvent plus d'être tant
sollicités. Je suis épuisée, je vais me coucher...
vendredi 20 mai 2016
Solidarité avec le Centre Handri au collège de Trignac
Jeudi 28 avril, fin de journée ensoleillée : les plantes, les boutures, les graines côtoient l'artisanat malgache au collège Julien Lambot de Trignac. Derrière les bâtiments, on aperçoit les grues et les ponts des chantiers navals de Saint Nazaire.
Pour la 3ème année, le collège organise un troc plantes / troc graines dans le cadre de son projet d'éducation au développement durable, et propose aux Amis d'Handri d'y participer en vendant de l'artisanat, ramené de nos voyages. Cette année, nous avons récolté 315 € à cette occasion.
Par ailleurs, Céline Gillet, présidente du FSE a remis à Jean-Claude, président des Amis d'Handri un chèque de 320€ : il s'agit des sommes versées par les familles lors de l'achat du pack de fournitures scolaires. Il est en effet proposé à chaque famille de donner 2€ pour participer à une action de solidarité internationale. Nous expliquons que le centre Handri permet la scolarisation d'enfants venant de familles démunies, et que l'accès à l'école est une des voies du développement pour un pays. Nous expliquons que les sommes récoltées servent, entre autres, à l'achat de fournitures scolaires et à payer les frais de scolarité.
Le collège de Trignac est en Réseau d'éducation prioritaire : ici, on ne roule pas sur l'or. Ces gestes de solidarité ont encore plus de poids !
Merci à Ségolène, Laurence, Céline, pour leur soutien, à Mme Tessier, Principale de l'établissement, à tous les élèves du club Génération Planète, et à tous ceux qui, par leur contribution, participent à nos projets.
Pour donner plus de vie encore à ce lien entre les élèves du collège et les enfants du centre Handri, nous prévoyons, d'ors et déjà, une rencontre avec Hanta et Bertrand, s'ils viennent en France à l'automne prochain : ils seront accueillis avec beaucoup d'impatience, de plaisir et de questions !!
Cécile
mardi 17 mai 2016
Retour de voyage : un Noël au Centre Handri, par Samy
24 décembre 2015. L'heure est à la fête. C'est la
veille de Noël et l'effervescence règne parmi les enfants. En fin
de matinée, 4 jeunes de l'œuvre de charité « Leo club »
de Tana sont venus offrir des bonbons et des jouets (ballons,
pistolets à eau, poupées, etc.) aux enfants. Je discute un peu avec
l'un d'entre eux qui m'explique que de temps en temps, ils
s'investissent dans l’œuvre de charité. Nous nous retrouvons donc
dans la chambre des enfants qui seront adoptés pour la distribution de
bonbons et les photos. Nous passons un bon moment à rire et nous
amuser.
Puis, pendant que les derniers enfants se préparent,
on installe le sapin de Noël ramené la veille de notre passage à
Moramanga pendant nos vacances. Après plusieurs tentatives pour le
faire tenir droit, on peut enfin le décorer, juste à temps avant
que les premiers enfants du centre n'arrivent. Boules de Noël,
guirlandes, banderoles, bonbons, guirlandes électriques kitch, tout
y est. Pendant ce temps-là, on met les petits plats dans les grands
pour accueillir une grande majorité des enfants qui sont parrainés
dans le centre.
Une fois les enfants arrivés, Hanta et Bertrand
commencent par des discours en malgache sur l'intérêt du centre, de
l'association sur l'importance de réussir scolairement. Il
faut dire qu'ils placent beaucoup d'espoir dans
la réussite scolaire. Les enfants écoutent dans un silence
religieux, que seuls les pleurs des bébés viennent déranger.
Après deux chants chrétiens, c'est enfin l'heure des cadeaux,
l'atmosphère se détend, la bonne humeur et les rires remplacent les
mines sérieuses. D'abord sont donnés les cadeaux du centre, puis
des parrains, et enfin un jeux de questions-réponses est animées
par Hanta où les enfants peuvent gagner des jouets. Plutôt que
jouer le rôle de père noël blanc dans lequel je ne me sentais pas
à l'aise, je fais office de photographe pour immortaliser la
journée.
C'est
aussi l'occasion pour moi d'échanger un peu avec les enfants qui ne
vivent pas au centre et que je vois pour la première fois depuis mon
arrivée à Madagascar. On essaye de discuter de mon voyage, de leurs
études, de tout et de rien. Mais le temps passe vite et ils doivent
rapidement rentrer chez eux, pendant que l'on se prépare pour la
messe de minuit de ce soir.
Avant
de partir, la mère de deux enfants du centre, venue de loin pour
revoir ses enfants, tient à me remercier chaleureusement pour l'aide
que je leur apporte en français.
Après
un peu de retard, nous partons pour la messe très connue à Tana
du père Pedro. Quand on arrive, les rues sont déjà bondées tandis
que la messe a commencé non pas à l'intérieur d'une église mais
d'une salle de sport. On s'installe dans les gradins alors que la
messe a déjà commencé depuis un moment. Celle-ci est très
différente de celle qui peut être faite en France. Le prêtre parle
en
Nous repartons de bonne humeur après ce moment
agréable, une quinzaine d'enfant du centre entassées dans le
minibus, à chanter de la musique malgache et française.
Retour de voyage : l'expérience de Samy
Pendant tout le mois de décembre, j'ai bousculé mon
quotidien pour partager celui du centre HANDRI. Par le biais de
l'association « Les amis d'Handri », je suis parti en
vacances dans le but également d'aider les enfants du centre à
améliorer leur français.
Au rôle de professeur, j'y ai rapidement
préféré celui d'ami, pour franchir les distances sociales que sont
la couleur de peau, la nationalité, la langue, les préjugés.
Passée la timidité de l'étranger, les discussions se sont faites
d'échanges et de rires, sur des sujets divers et variés tels que la
religion, le mariage, la jeunesse, l'amour ou le bonheur. Tous ces
sujets, témoins de nos préoccupations d'adolescents et de jeunes
adultes, nous ont permis de comparer nos quotidiens français et
malgaches. Ces discussions ont aussi pu aider les enfants à parler
un français courant. Aujourd'hui, grâce à internet, cet espace
d'échanges est toujours ouvert pour notre génération. Même après
quelques mois de retour en France, on continue de discuter ensemble
et les sourires restent intactes.
Ce voyage m'a permis de me révéler un goût fort
pour les voyages et de découvrir l'Afrique, sa pauvreté à tous les
coins de rue, mais aussi la chaleur fraternel de ses habitants. C'est
avec impatience que je compte repartir loin de Nantes.
Je remercie les amis d'Handri et le centre Handri de
m'avoir offert la possibilité de faire ce merveilleux voyage.
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