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dimanche 6 octobre 2019

Pierrot Men : une expo et un livre


Il est certainement le plus connu des photographes malgaches : Pierrot Men sera exposé au festival Photo Saint Germain, qui se déroule à Paris du 6 au 23 novembre. "Chaque année, au mois de novembre, PhotoSaintGermain réunit une sélection de musées, centres culturels, galeries et librairies de la rive gauche autour d’un parcours photographique" peut-on lire sur le site de l'événement. Pierrot Men sera à la galerie Lee.

http://www.photosaintgermain.com/editions/2019/parcours/galerie-lee

Parallèlement, le photographe publie un nouveau livre, son 18e : Zazakely, enfants de Madagascar, édité par Bertrand Hosti éditions. Le livre regroupe 75 photos, légendées et commentées par Stéphane de Bourgies, président de l'association "Zazakely Sambatra", par l'écrivain Johary Ravaloson et par le cinéaste Jacques Doillon.
Pour en savoir plus, un article de l'Express de Madagascar.



lundi 11 février 2019

Ary, les yeux d'Isalo

Des bulles dans l'océan, c'est un éditeur de bandes dessinées de la Réunion, qui publie des auteurs de l'Océan Indien. Et dans les derniers titres publiés, il y a Ary, les yeux d'Isalo, une bd jeunesse, sorte de conte des origines, de récit initiatique, dont l'héroïne est une petite fille, Ary, rejetée de tous dans un village du Sud malgache.



Pas de pluie depuis des années, le village se meurt. Le doyen du village abandonne Ary en forêt : elle doit trouver les ressources pour sauver son village, quitte à se perdre. Il lui faut en effet dérober les yeux d'Isalo, le géant de pierre.

Ce récit est dans le registre du merveilleux, et restitue avec douceur, dans des teintes chaudes, l'imaginaire malgache, et les paysages grandioses.
Pour en savoir plus, un entretien avec les auteurs :

Ary, tome 1/2 Les yeux d'Isalo. 
Rolling Pen et Catmouse James
Des bulles dans l'Océan, août 2018, 15.00€

jeudi 31 janvier 2019

Culture malgache : Caylah, slameuse

Partager des découvertes sur les arts et cultures malgaches est l'un des objets de ce blog. Voici donc le début d'une série d'articles sur la musique à Madagascar...
Un jour, en cherchant des infos sur la scène émergente de Madagascar, je suis tombée sur
ce slam :

La puissance de ce texte, la force des images m'ont donné envie d'en savoir plus : voici quelques liens disponibles sur RFI ou sur Jeune Afrique.
Engagée auprès des femmes malgache, elle soigne les maux avc la slamothérapie, explique-t-elle sur France 24.
Caylah était l'une des femmes invitées au sommet de l'ONU pour le bien social de 2017.
Voici son allocution :

Bonne découverte !!
Cécile

jeudi 17 janvier 2019

Un peu d'Histoire : Fahavalo, Madagascar 1947

Le 30 janvier sort dans les salle le nouveau film de Marie-Clémence Andriamonta-Paes, "Fahavelo, Madagascar 1947".

Résumé :
À Madagascar en 1947, les rebelles insurgés contre le système colonial sont appelés fahavalo, «ennemis» de la France.
Les derniers témoins évoquent leurs longs mois de résistance dans la forêt, armés seulement de sagaies et de talismans.




Pour plus d'info, le site du film ici



samedi 12 janvier 2019

Madagascar au musée du quai Branly : retour en images

L'expo au musée du quai Branly est terminée...



Petit retour en images sur cette exposition riche, intéressante, qui permet de découvrir l'histoire de la Grande Ile, les arts,  cultures, ethnies.

Un port-folio, d'abord, du Monde-arts ici

Une vidéo de RFI ici

jeudi 10 janvier 2019

Un peu d'Histoire : le code de l'indigénat à Madagascar

Un peu d'histoire...


Le code de l'indigénat à Madagascar
(d'après un article de Jean Fremigacci, dans la revue Outre-Mers, T.101; n° 378- 379, année 2013)


Pour rappel : en 1896, la France décrète que Madagascar est une possession française. Le Gouverneur Général Galliéni destitue la reine Ranavalona III en janvier 1897. Mais la "pacification", c'est-à-dire la lutte armée pour maîtriser le territoire n'est pas encore terminée : elle le sera officiellement en 1902.


En 1901, Galliéni prend un arrêté qui institue dans l'île un "code de l'indigénat" inspiré de celui appliqué au Sénégal. Ce code rassemble des mesures d'exception qui le font sortir de l'orbite des principes du Droit français : pour cette raison, il est censé être transitoire. En réalité, il ne sera aboli que trop tardivement, en 1945 - 1946.
S'il a subi quelques modifications au fil des décennies et du renouvellement des Gouverneurs Généraux, ainsi que des tendances politiques au pouvoir dans la métropole, il a tout du long un seul objectif : assurer la domination de la France.


Contenu :
Pour commencer, les indigènes sont définis par la négative, comme des personnes nées à Madagascar et "n'ayant pas la qualité de citoyens français." La formule évite de parler de "sujets" de la France, ce qui serait fâcheux pour la République...


Une partie des prescriptions du code de 1901 vise à remodeler les usages et les croyances de la société : les sépultures en dehors d'enclos destinés à cet usage sont interdites, la culture sur tavy (brûlis) est prohibée, les soins traditionnels sont punis comme "exercice illégal de la médecine" ou pratiques de sorcellerie.


Si certaines de ces infractions disparaissent par la suite, il restera toujours le même noyau dur autour de :
- la liberté d'expression : sont considérés comme infraction "le refus de fournir les renseignements demandés" et "les actes irrespectueux ou propos offensants vis-à-vis d'un représentant ou d'un agent de l'autorité; les propos tenus contre la France et son gouvernement".
- la liberté de réunion : les Malgaches doivent demander une autorisation pour leurs cérémonies, leurs funérailles, leurs grands repas. Toute réunion de plus de 25 hommes est interdite. Il est interdit de faire des quêtes ou des souscriptions, ce qui permettra de sanctionner les mouvements anti-coloniaux : les premiers d'entre eux seront inculpés pour escroquerie pour avoir prélevé des cotisations.
- la liberté de circulation : le vagabondage est sanctionné, ainsi que l'habitat isolé. Un "passeport" est établi, que les indigènes doivent faire viser lorsqu'ils changent de lieu de résidence ou de travail.
- la notion de responsabilité collective : le colonisateur impose l'organisation en "fokonolana" ( que l'on pourrait traduire par "commune" ou "canton" peut-être), qui n'existait auparavant que dans la région Merina, et s'en sert comme relais pour la sécurité du territoire, ainsi que pour la perception de l'impôt. Cette organisation est assortie de la notion de "responsabilité collective", hors de l'orbite du Droit français qui ne reconnaît que la responsabilité individuelle : cela donne la possibilité de sanctionner le fokonolana en cas de défaillances de ses membres, voire d'en emprisonner le chef.


Cependant, d'après Jean Fremigacci, le code n'aurait jamais été appliqué intégralement, par manque de moyens et grâce à la capacité de "résistance passive" du peuple malgache. Le totalitarisme aurait ainsi été évité dans la colonie. Il n'en reste pas moins que ce code offrait des outils pratiques aux tyranneaux potentiels.
in Jean Fremigacci, Madagascar à l'époque coloniale

lundi 2 octobre 2017

Madagascar All Stars : retour sur la projection

A Saint Michel Chef Chef (44), le cinéma associatif a programmé en juillet le film Songs for Madagascar. Cette soirée, co-organisée, a rassemblée une trentaine de spectateurs : adhérent-e-s de l'association, Michelois-es, touristes ont ainsi découvert le dernier film de Cesar Paes, sorti en mai 2017.

On y retrouve six des musiciens malgaches les plus connus, dans le collectif « Madagascar All Stars » , et dont le projet musical vise à promouvoir la préservation de la biodiversité malgache. Parmi ceux-ci, Régis Givazo, accordéoniste ayant joué avec I Muvrini ou Cesaria Evora, et décédé en juillet. Pour en savoir plus sur celui qui fut Lauréat du Prix RFI Découverte en 1990, c'est ici sur le site de RFI.

 
Ce film est le dernier documentaire produit par Latérit production, qui a également produit Ady Gasy ou Angano Angano, de beau films pour découvrir Madagascar.

A l'issue de la projection, nous avons pu échanger sur la situation de la Grande Île, et présenter notre association. Une vente d'artisanat dans le hall du cinéma a permis de récolter 130€.
Un grand merci au cinéma de Saint Michel Chef Chef et aux bénévoles !

mercredi 5 juillet 2017

Songs for Madagascar

Lundi 10 juillet, à 21 h
Projection du film Songs for Madagascar 
au cinéma de Saint Michel Chef Chef (44)
Suivie d'une discussion et d'une vente d'artisanat malgache

Pour en savoir plus :

lundi 27 mars 2017

Bandes dessinées malgaches

Peu de bandes dessinées malgaches sont publiées et disponibles en France : l'Harmattan en a publié quelques unes...



Il y a eu Les mystères de Paris, d'Eugène Sue, feuilleton entraînant les lecteurs dans le Paris populaire du 19e siècle, voici Les mystères de Tana, de Franco Clerc, publiés chez L'Harmattan BD. Le premier tome, La fille volée, nous entraîne, à la suite de Vaness, dans une course poursuite haletante dans les bas fonds de Tana. Vaness, c'est la fille chérie d'un grand patron malgache, puissant, riche, et armé. La naissance de la jeune fille est mystérieuse, et son père la surprotège, pour éviter que ne s'accomplisse une malédiction. Aussi, quand celui-ci part en mission, la jeune fille en profite pour échapper à la surveillance des sbires de son père : elle est alors victime d'un kidnapping... Le trait est vif, c'est sombre, haché, et donne à voir le côté sombre de Madagascar : corruption, sorcellerie, banditisme...
Dans le deuxième tome, Joyeuses retrouvailles, Vaness découvre quelle est son histoire et voit la mort de près. Elle échappe à ses poursuivants et survit, dans un Madagascar luxuriant, mais pas pour autant rassurant.
Certes, cette série est très sombre : elle donne à voir une des réalités de Madagascar et Tana, loin des guides touristiques, ancrée à la fois dans l'actualité et dans les traditions.

Cécile

Franco Clerc, Les mystères de Tana 1 : la fille volée. L'harmattan BD, 9,90€
Franco Clerc, Les mystères de Tana 2 : Joyeuses retrouvailles. L'harmattan BD, 9,90€

jeudi 17 mars 2016

Semaine de la Francophonie en région Nantaise

Sa 19 mars à 17h45  Dans le cadre de "Nantes en Francophonie", Hetsika en partenariat avec Casa Africa présente en exclusivité à Nantes le dernier film du jeune réalisateur Fifaliana Nantenaina , "Anay ny Lalana" avec en bonus le film d'animation "Le Pain" du même auteur. 
 - « Dadakoto, pourquoi tu dis souvent « Anay ny lalana » ?
- «C’est un jeu en fait », me répond cet homme qui semble être resté un enfant malgré son grand âge. En travaillant, il joue parfois mais en travaillant il vit surtout.

 Venez nombreux !
 
 entrée libre 
 www.endemikafilms.com / www.hetsika.fr
 
Cité des Congrès , 5 rue de Valmy,  44000 Nantes

Egalement : des jeux, une dictée, des rencontres, des lectures...
Pour en savoir plus : http://hetsika.blogspot.fr/

dimanche 10 janvier 2016

Voanjobory, pois de terre, pois bambara, késako ?

C'est, comme son nom l'indique, un pois qui pousse dans la terre. Et oui, comme l'arachide, et pas du tout comme nos mojettes vendéennes !

C'est un aliment très courant dans la cuisine malgache, en général cuisiné avec du porc, et c'est excellent !

Sur le terrain près de Moramanga, où nos amis développent leur projet agricole, c'est pour l'instant la principale culture, qui doit leur permettre des rentrées de fonds assurant la viabilité du projet, car les litchis et le ravintsara ne sont pas productifs immédiatement. Trois hectares sont déjà plantés, et bientôt deux hectares le seront.

Sachez qu'il est possible d'en goûter en France : vous en trouverez dans les épiceries africaines ou exotiques, et pourrez ainsi mieux saisir de quoi il s'agit !!!

Voici un lien pour vos aventures culinaires : http://suismoiencuisine.canalblog.com/archives/2013/04/24/26993091.html
Bonne dégustation...



vendredi 3 juillet 2015

La gueule du loup, de Marion Brunet

Un roman jeunesse qui ose parler de prostitution des mineures à Madagascar, un roman jeunesse qui ose parler de tourisme sexuel... Non, Madagascar n'est pas toujours un paradis !
Lou et Mathilde, le bac en poche, s’offrent des vacances au bout du monde avant d’entrer dans l’univers des adultes. Les voilà donc à Madagascar, profitant des délices du soleil, de la plage et d’une nature sauvage. Un peu trop sauvage aux yeux de Lou qui craque face à un insecte aux dimensions géantes. Premier accroc dans ce cadre idyllique : les deux amies se disputent et découvrent que leurs différences peuvent les blesser, voire les séparer. Elles décident  de se rendre à Tana pour retrouver un peu de civilisation.
Dans la ville, Lou retrouve un peu ses repères mais les adolescentes doivent regarder en face l’autre vérité d’un pays aux abois : misère, prostitution, violence… Une femme tente même de leur vendre son bébé. Tout bascule lorsqu’elles découvrent que leur voisin de chambre séquestre une jeune fille de leur âge, la soumettant à une véritable torture, physique et psychologique. Il leur est impossible de ne pas réagir et elles se mettent en danger, se plaçant entre la victime et son bourreau. Cet acte les entraîne dans un périple à travers le pays, les amenant au cœur d’un cauchemar éveillé qui n’aura de cesse de se répéter. 
Un roman complexe, entre thriller et récit initiatique, qui offre aussi de belles descriptions du pays, de ses habitants et des traditions. Publié chez Sarbacane dans la collection Exprim', qui s'adresse à des ados, c'est un roman dur, angoissant. A conseiller aux plus grands...
Est-ce un hasard si un autre roman, un polar publié par No Comment parle aussi de prostitution des mineures et de tourisme sexuel ? Dans La gueule du loup, de Marion Brunet, le prédateur est un homme réellement dangereux. Dans ce polar lu récemment, Filière malgache, de Pierre Maury, il est question de trafic humain, d'esclavage moderne. Petit polar bien ficelé, qui a d'ailleurs obtenu le Prix du livre insulaire, il met en scène un journaliste vasaha, dont l'enquête sur le trafic d'êtres humains évolue de façon imprévue.

Non, ce n'est pas un hasard, ces deux romans parus presque simultanément, c'est que la question est inévitable... Pour plus d'infos, sur ce sujet :  ce reportage de TV5Monde sur l'ONG ECPAT, ainsi que le site de cette ONG.


dimanche 14 juin 2015

Musiques malgaches : Malagasy Gospel et Damily en tournée

Le Malagasy Gospel, c'est un projet né de l'association Eau de Coco, de Tuléar.
Damily, c'est une des figures emblématiques du Tsapiki, originaire lui aussi de la région de Tuléar.
Ils sont en tournée en France et en Europe en ce moment...

Le lien pour en savoir plus et connaître les dates de Damily

Pour en savoir plus sur le Malagasy Gospel, c'est ici


mercredi 3 juin 2015

Madagascar : le grand livre des petits métiers

Ce grand livre des petits métiers (en milieu urbain sur les Hautes Terres) met en avant tous ceux et toutes celles que l'on croise dans les rues de Tana ou des environs, tireurs de pousse-pousse, vendeurs de fruits, fabricants de phares, de dentiers, de lunettes ou de nattes, lavandières ou repasseuses.





Les auteurs ont pour objectif de montrer la richesse, la valeur du secteur informel, et s'interrogent sur le devenir de tous ceux dont le métier est menacé par la mondialisation : "Pourquoi réparer quand acheter un objet neuf importé revient moins cher ?"


Une très belle découverte que ce livre de portraits : des photos de Laland, des textes de Laurence Vanpaeschen, une réalisation de Stefaan De Wolf. C'est édité chez Snoek : le livre n'est plus disponible en librairie, mais on le trouve facilement sur Internet !

blog de chantal serrière

mercredi 21 janvier 2015

Hetsika : concert à Teillé - 44

Hetsika & Poly-Gammes vous invitent à fêter la nouvelle année à Teillé ce samedi 24 janvier 2015

Hetsika et Poly-Gammes vous invitent à fêter la nouvelle année 2015  autour de "Danse, Musique et Saveur malgaches" * ce:

 Samedi 24 janvier 2015
 
 
Avec au programme:

14h00  Atelier d' initiation à la danse malgache avec FaFFa du groupe ZaZa Niangarana
14h00 Atelier de cuisine malgache "plier, déplier ... des samossas" animé par Hetsika
18h30  Apéros d'Ici et là-Bas / Repas malgache/
20h00 Concert TSIOUKA
22h00  Soirée Dansante
PAF : 5€ (pour les ateliers) - 7€ (repas) - 8€ (concert)Info/Résa : reservation@poly-gammes.net / 02 40 97 75 10 / 06 82 78 99 96

*En présence de Jérémie Gardien RAVAHIMANANA, Consul Honoraire de Madagascar Grand-Ouest

mercredi 3 décembre 2014

Les jumeaux de l'île Rouge, un roman de Brigitte Peskine

Cet automne, deux romans "jeunesse" se passent à Madagascar, et donnent une vision de la Grande Ile plutôt sombre... On est loin du cliché lagon-cocotiers...

Dans Les Jumeaux de l'Ile Rouge, Brigitte Peskine raconte le retour dans leur village d'origine, proche de Mananjary de deux adolescents adoptés par un couple de Français. Cléa et Brice ont 16 ans, ils sont jumeaux, et ont été adoptés lorsqu'ils étaient tout-petits : pour Cléa, découvrir ses origines devient une nécessité, tant la jeune fille va mal. Les parents offrent à leurs enfants un voyage aux sources, dans l'espoir que cela les aide à grandir... Mais Cléa ne se contente pas de la rencontre avec celle qui les avait recueillis à Tana : elle fugue, pour essayer de comprendre son passé, du côté de Mananjary, dans l'ethnie Antaimbahoaka, où les jumeaux sont "fady". Et Brice, en frère attentif, la suit : si la vie dans Tana était déjà un choc, l'arrivée dans un village rural, loin de tout, est un vrai bouleversement. Là, les croyances, le rôle du roi coutumier, la médecine traditionnelle organisent la vie. Dans l'enceinte du centre d'accueil pour les jumeaux abandonnés, Cléa et Brice découvrent petit à petit, dans la douleur, des bribes de leur passé. C'est tout l'équilibre familial qui est bouleversé.


Après avoir lu ce roman, j'ai cherché des infos sur les jumeaux de Mananjary : la première chose à noter, c'est que le roman de Brigitte Peskine est bien documenté. Le centre qu'elle décrit ressemble fortement au centre Fanatenane, et Mike et Gogo, qui sont à l'origine de ce centre, semblent avoir inspiré les personnages de César et Zafi dans le roman. Les questions qu'elle soulève sur la levée du tabou semblent également être d'actualité : un village a en effet organisé une cérémonie à cet effet. Malgré tout, la majorité des jumeaux sont toujours abandonnés dans cette région du sud-est de Madagascar.

Pour en savoir plus : un article récent paru sur les pages infos de Orange Réunion ici, l'adresse de Fanantenane, espoir malgache ici et l'adresse du site des amis du CATJA ici. Et puis un reportage de France 24 ici .

Conseillé par l'éditeur pour des lecteurs à partir de 12 ans, le roman est effectivement "facile" à lire dans la forme : il se présente comme un dossier transmis par Cléa à l'auteur dans lequel la jeune fille aurait compilé son journal, des mails, des lettres, des notes suite à des conversations téléphoniques. Par contre, les questions liées à l'adoption, à la quête des origines, pour celles et ceux qui sont concernés, peuvent être troublantes... Mieux vaut être préparé !

concert en région nantaise

Ny Malagasy OrKestra + K'BossY (1ère partie) invités par l'ARC ce vendredi à 20h30 au Théâtre de Rezé

Du Nord, du Sud, des Hauts-Plateaux ou de la Côte, les styles musicaux, riches d’oralités anciennes, s’épanouissent dans la Grande Ile, et sont plus que jamais vivants…
La réunion des maîtres de Madagascar, tous issus de groupes culturels différents, s’inscrit dans le fihavanana, philosophie malgache qui veut tisser les liens de solidarité, apporter la paix, le respect et l’entraide entre tous les hommes de l’île rouge.
Ici la tradition n’est pas rigide, elle vient bien au contraire enrichir le projet artistique et dessiner les couleurs de l’avenir.

Ny Malagasy Orkestra est le creuset vivant au sein duquel ces traditions musicales sont partagées, ré-écrites, re-formulées, ré-inventées, pour porter le message d’une rencontre artistique et humaine, d’une musique qui s’enrichit des héritages du passé, et pour faire route vers de nouvelles formes de création avec Justin VALI, Tao RAVAO, Dieudonné RANDRIAMANANTENA, Gilberto MORAVELO, Chrysanthe VELOMIJORO, Talika GELLE, Zara RAZANAKOTO, Jean-Donné RAMANANERISON. Le groupe, bien connu, des nantais K'BOSSY :  ELYSE, BERIZIKY, KAZY, M'BASSA, sera en première partie:

Vendredi 5 décembre à 20h30
Théâtre Municipal de Rezé
Info/Résa : 7 à 19€ selon catégorie et réduction 
Contact : 02 51 70 78 00

Hetsika, partenaire de l'ARC, offre une réduction les membres et sympathisants de Hetsika  (nous contacter au 06 32 01 30 87) et propose un stand librairie et buvettes malgaches.

samedi 16 août 2014

Signes et signification à Madagascar

Oyvind Dahl, Signes et signification à Madagascar, des cas de communication interculturelle. Présence africaine


Ce livre d'un Norvégien mérite qu'on s'y attarde. L'auteur a vécu son enfance et sa jeunesse à Madagascar, puis y a travaillé de 1970 à 1975, enfin il y a mené des études de terrain en 1988 pour écrire sa thèse et il parle le malgache.
Après un début un peu ardu où il explique rapidement son cadre théorique, il développe des chapitres clairs se basant sur des exemples concrets. Je retiendrai quelques thématiques qui peuvent rendre service aux uns et aux autres pour comprendre les difficultés de communication qui peuvent parfois se présenter.
  1. La conception du temps :
    Pour un Occidental, de nos jours, le temps est considéré comme linéaire : le passé est dernière nous, le futur est devant ; les causes produisent des effets de manière logique, par conséquent on peut faire des projets avec des résultats prévisibles.
    Dans la culture malgache traditionnelle, le temps est considéré comme cyclique ; le passé est devant nous puisque nous pouvons l'observer, tandis que l'avenir nous rattrape par derrière, de sorte qu'il est imprévisible. L'auteur parle aussi de temps événementiel : le temps, c'est quand quelque chose se produit, et une action ne commence que quand tout est prêt et non à la date et à l'heure où cela a été planifié. On fait des projets, certes, mais ils ne deviennent réels que lorsqu'ils se réalisent.
  2. La conception du privé et du collectif :
    Alors que dans la culture occidentale, s'est mise en place une distinction nette entre l'individu et le groupe, la culture malgache conçoit la personne essentiellement comme faisant partie d'un collectif. Il est donc difficile de séparer ce qui relève du privé de ce qui relève du public.
    Des adultes qui s'occupent d'enfants sont considérés comme « ray aman-dreny », c'est-à-dire « père et mère » ; « les aînés ont la responsabilité des plus jeunes de leur famille. Et nous parlons ici d'une famille élargie. » « Dans les écoles, le directeur est le « père et mère » des professeurs », le professeur est le « père et mère » des élèves. »
  3. La pratique du "discours atténué" :
    Il n'est pas de bon ton, en malgache, d'énoncer directement ses opinions. On commence d'abord par s'excuser de ce qu'on va dire, et on évite d'aller directement au cœur du problème. On utilise volontiers des comparaisons, on a recours aux proverbes pour argumenter plutôt que de faire une démonstration cartésienne. La langue malgache a des outils d'atténuation du discours (modérateurs signifiant à peu près « peut-être, probablement,un petit peu », voix circonstancielle, qui n'a pas d'équivalent chez nous mais permet de ne pas mettre le sujet en premier, si je simplifie).
    Pour exprimer son désaccord, un Malgache dit rarement « non ». Il répondra plutôt de manière détournée, ce qui n'est pas toujours facile à décoder pour nous. Chez nous, on affirme « qui ne dit mot consent » ; or, chez eux, le silence signifie plutôt un désaccord. Mais ce n'est pas non plus parce qu'un Malgache dit « oui » qu'il approuve vraiment, son oui ne prend tout son sens que s'il y a eu discussion permettant d'arriver à un consensus, souvent un « consensus mou » qui ne heurte aucune des parties en présence. « Le mode de discours atténué est si développé que les Européens ont souvent l'impression que la courtoisie l'emporte sur la vérité. (…) Le souci de la « bonne relation » pousse les gens à donner une réponse agréable et plaisante à une question quand une réponse littérale et factuelle serait désagréable et embarrassante. »
    Cela dit, les femmes sont davantage autorisées que les hommes à exprimer leur avis directement.


Conclusion :
Si certaines habitudes culturelles résumées ci-dessus peuvent nous permettre de comprendre un peu mieux nos relations avec le Centre Handri, il ne faut pas non plus les considérer comme figées. Toute culture évolue, la culture malgache comme les autres. L'étude d'Oyvind Dahl a plus de vingt ans, il faut en tenir compte. Il n'empêche que c'est important d'avoir ces données à l'esprit. Comme nous a dit Sylvain, le trésorier de l'association malgache « Handri » : « pour nous comprendre vraiment, il faut parler le malgache ! » Qui s'y met ?


lundi 7 juillet 2014

Courts métrages à Nantes


Organisée par l'association Hetsika, cette soirée au Katorza permet de découvrir des réalisateurs malgaches... et même de voter pour le Prix de l’Éléphant !

" Il s'agit d'un voyage inattendu qui dévoile la richesse et la diversité de la production cinématographique de l'île à travers les réalisations de jeunes talents dont la caméra promet un cinéma du futur. A l’affiche, films d’animation, fictions, mais aussi des documentaires qui témoignent à la fois du poids des traditions et de la vie quotidienne, d'une passion pleine de promesses et de la poursuite d'un rêve des jeunes cinéastes. Leurs films transporteront les amoureux de la culture et du cinéma au cœur de l'île rouge. Pour clôturer la soirée, le Prix de l'Eléphant récompensera l'un des films, à l'issue d'un vote du public, et ce, en présence d'une personnalité du cinéma malgache. 

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"MADA TOUT COURT"
Soirée Courts-métrages malgaches
Jeudi 10 JUILLET à 20h15 

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Au programme :
The bee” de Tojosoa A. ANDRIANARISON,  animation
“Orobores” de T. RASOANAIVO,  fiction
“Coup de hache pour une pirogue” de  J. H. RAZAFITSIHADINOINA, documentaire
“Selamanana” de H. Ny Aina RAMILIJAONINA, animation
“Madame Esther” de L.A RAZANAJAONA,  fiction 
“Le petit bonhomme de riz” de R. L.  RANDRIAMANANTSOA, fiction

  La remise de prix se déroulera sous une ambiance festive et conviviale au Le Baron, 26 bis rue scribe Nantes à partir de 22h00.

mardi 3 juin 2014

Ady Gasy

Latérit production et Endemika coproduisent ce film de deux réalisateurs malgaches,  Lova Nantenaina et Eva Lova.



Voici la présentation qu'ils en font : "Les Chinois fabriquent les objets, les Malgaches les réparent." Il y a ceux qui font des chaussures à partir de pneus, ceux qui fabriquent des lampes à partir de boîtes de lait condensé sucré, ceux qui transforment en médicaments et savon les os de zébus laissés par les chiens errants. Imaginons un instant un futur où le système économique viendrait à lâcher : ceux qui tomberaient de haut auraient peut-être du mal à se relever, tandis qu’à Madagascar, on saurait s’adapter grâce à ce sens de la débrouille, le « ADY GASY ».

Nos ancêtres disaient :  « Comme on lance un lasso aux cornes des zébus, on lance la parole aux cœurs des gens sensés ».
Telle est l’ambition démesurée de ce film, vous restituer la parole de notre grande terre peuplée de rochers, de zébus et d’ancêtres bienveillants ; peuplée aussi d’artistes, de paysans, et de débrouillards en tout genre.
Cette parole, qu’elle explique les gestes ou les âmes, est toujours digne, souvent enjouée ou cocasse, parfois désemparée ou révoltée, mais jamais amère.


Et pour voir la bande annonce :http://vimeo.com/88137015  

Perso, j'aimerais bien le voir !