samedi 16 août 2014

Signes et signification à Madagascar

Oyvind Dahl, Signes et signification à Madagascar, des cas de communication interculturelle. Présence africaine


Ce livre d'un Norvégien mérite qu'on s'y attarde. L'auteur a vécu son enfance et sa jeunesse à Madagascar, puis y a travaillé de 1970 à 1975, enfin il y a mené des études de terrain en 1988 pour écrire sa thèse et il parle le malgache.
Après un début un peu ardu où il explique rapidement son cadre théorique, il développe des chapitres clairs se basant sur des exemples concrets. Je retiendrai quelques thématiques qui peuvent rendre service aux uns et aux autres pour comprendre les difficultés de communication qui peuvent parfois se présenter.
  1. La conception du temps :
    Pour un Occidental, de nos jours, le temps est considéré comme linéaire : le passé est dernière nous, le futur est devant ; les causes produisent des effets de manière logique, par conséquent on peut faire des projets avec des résultats prévisibles.
    Dans la culture malgache traditionnelle, le temps est considéré comme cyclique ; le passé est devant nous puisque nous pouvons l'observer, tandis que l'avenir nous rattrape par derrière, de sorte qu'il est imprévisible. L'auteur parle aussi de temps événementiel : le temps, c'est quand quelque chose se produit, et une action ne commence que quand tout est prêt et non à la date et à l'heure où cela a été planifié. On fait des projets, certes, mais ils ne deviennent réels que lorsqu'ils se réalisent.
  2. La conception du privé et du collectif :
    Alors que dans la culture occidentale, s'est mise en place une distinction nette entre l'individu et le groupe, la culture malgache conçoit la personne essentiellement comme faisant partie d'un collectif. Il est donc difficile de séparer ce qui relève du privé de ce qui relève du public.
    Des adultes qui s'occupent d'enfants sont considérés comme « ray aman-dreny », c'est-à-dire « père et mère » ; « les aînés ont la responsabilité des plus jeunes de leur famille. Et nous parlons ici d'une famille élargie. » « Dans les écoles, le directeur est le « père et mère » des professeurs », le professeur est le « père et mère » des élèves. »
  3. La pratique du "discours atténué" :
    Il n'est pas de bon ton, en malgache, d'énoncer directement ses opinions. On commence d'abord par s'excuser de ce qu'on va dire, et on évite d'aller directement au cœur du problème. On utilise volontiers des comparaisons, on a recours aux proverbes pour argumenter plutôt que de faire une démonstration cartésienne. La langue malgache a des outils d'atténuation du discours (modérateurs signifiant à peu près « peut-être, probablement,un petit peu », voix circonstancielle, qui n'a pas d'équivalent chez nous mais permet de ne pas mettre le sujet en premier, si je simplifie).
    Pour exprimer son désaccord, un Malgache dit rarement « non ». Il répondra plutôt de manière détournée, ce qui n'est pas toujours facile à décoder pour nous. Chez nous, on affirme « qui ne dit mot consent » ; or, chez eux, le silence signifie plutôt un désaccord. Mais ce n'est pas non plus parce qu'un Malgache dit « oui » qu'il approuve vraiment, son oui ne prend tout son sens que s'il y a eu discussion permettant d'arriver à un consensus, souvent un « consensus mou » qui ne heurte aucune des parties en présence. « Le mode de discours atténué est si développé que les Européens ont souvent l'impression que la courtoisie l'emporte sur la vérité. (…) Le souci de la « bonne relation » pousse les gens à donner une réponse agréable et plaisante à une question quand une réponse littérale et factuelle serait désagréable et embarrassante. »
    Cela dit, les femmes sont davantage autorisées que les hommes à exprimer leur avis directement.


Conclusion :
Si certaines habitudes culturelles résumées ci-dessus peuvent nous permettre de comprendre un peu mieux nos relations avec le Centre Handri, il ne faut pas non plus les considérer comme figées. Toute culture évolue, la culture malgache comme les autres. L'étude d'Oyvind Dahl a plus de vingt ans, il faut en tenir compte. Il n'empêche que c'est important d'avoir ces données à l'esprit. Comme nous a dit Sylvain, le trésorier de l'association malgache « Handri » : « pour nous comprendre vraiment, il faut parler le malgache ! » Qui s'y met ?


Assemblée Générale annuelle 23/08/2014




L'Assemblée générale de notre association aura lieu le samedi 23 Août 2014 à partir de 14h 30 à Pornic (44) salle municipale de la Birochère






Proposition ordre du jour
Bilan de l'activité de l'association
Situation du Centre
Point parrainage. Convention de parrainage
Rapport financier. Quitus pour année 2013
Orientation 2014 12015. Nos projets
Participation des adhérents à la vie de l'association
Siège social
Élection du CA.
Questions diverses


Le CA
Chaque année, l'assemblée générale élit un Conseil d'Administration qui est l'instance de décisions de l'association entre 2 AG. Il est actuellement composé de 9 membres dont 6 ont des fonctions spécifiques et constituent le bureau. Le CA est un espace d'échanges d'informations, de réflexions et de prises de décisions.
En général, le CA se réunit le lendemain de l'AG pour décider de la mise en œuvre des décisions prises. Dans la mesure où nous sommes très éloignés (actuellement 4 du Lot, 3 de Loire Atlantique et 2 de la région parisienne) les autres CA se font par conférence téléphonique le soir à partir de 21h pour environ 2 heures. Il y en a environ 6 par ans. Un relevé de décisions et un compte rendu sont rédigés. Entre les CA, les informations circulent principalement par mails.
Nous souhaiterions que d'autres adhérents participent à ce CA. Comme vous pouvez le constater cet engagement est limité. N'hésitez pas à en parler aux membres de l'actuel CA que vous connaissez.


Pour rappel, le bureau pour 2013-2014 :
Président : Jean-Claude Dessaivre
Vice Présidente : Martine Durand
Trésorier : Marc Foltz
Trésorière adjointe : Violaine Mournetas
Secrétaire : Myriel Vachette
Responsable parrainages : Claudine Igoulen
Autres membres du CA : Erwan Moinier, Jean-Paul Martin, Laurent Viroles


Organisation pratique de l'AG
Nous nous retrouvons à la salle de la Birochère. Une garderie des enfants est organisée pendant l'AG. Après l'AG, nous nous retrouvons pour un pique nique sur la plage
Rappel : des possibilités d'hébergement existent. Il suffit de le signaler si vous le souhaitez.


Merci de nous signaler si vous envisagez de participer ...ce que nous espérons vivement !


lundi 7 juillet 2014

Courts métrages à Nantes


Organisée par l'association Hetsika, cette soirée au Katorza permet de découvrir des réalisateurs malgaches... et même de voter pour le Prix de l’Éléphant !

" Il s'agit d'un voyage inattendu qui dévoile la richesse et la diversité de la production cinématographique de l'île à travers les réalisations de jeunes talents dont la caméra promet un cinéma du futur. A l’affiche, films d’animation, fictions, mais aussi des documentaires qui témoignent à la fois du poids des traditions et de la vie quotidienne, d'une passion pleine de promesses et de la poursuite d'un rêve des jeunes cinéastes. Leurs films transporteront les amoureux de la culture et du cinéma au cœur de l'île rouge. Pour clôturer la soirée, le Prix de l'Eléphant récompensera l'un des films, à l'issue d'un vote du public, et ce, en présence d'une personnalité du cinéma malgache. 

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"MADA TOUT COURT"
Soirée Courts-métrages malgaches
Jeudi 10 JUILLET à 20h15 

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Au programme :
The bee” de Tojosoa A. ANDRIANARISON,  animation
“Orobores” de T. RASOANAIVO,  fiction
“Coup de hache pour une pirogue” de  J. H. RAZAFITSIHADINOINA, documentaire
“Selamanana” de H. Ny Aina RAMILIJAONINA, animation
“Madame Esther” de L.A RAZANAJAONA,  fiction 
“Le petit bonhomme de riz” de R. L.  RANDRIAMANANTSOA, fiction

  La remise de prix se déroulera sous une ambiance festive et conviviale au Le Baron, 26 bis rue scribe Nantes à partir de 22h00.

jeudi 26 juin 2014

Marthe


Marthe était là. Lors de notre première visite au Centre Handri, elle était venue pour faire la connaissance de ces Vazaha qui contribuaient à permettre à ses petits-enfants d'aller à l'école. Elle était invitée à un mariage mais avait choisi d'accompagner les enfants au Centre. Au début, je ne l'avais pas vue, toute petite qu'elle est, assise derrière la trentaine d'enfants et de jeunes, et puis, c'est Hanta qui a signalé sa présence. Elle et son mari élèvent Mialintsoa et Andry, leurs petits-enfants orphelins, tous deux en avance dans leur scolarité d'ailleurs. Ce sont donc des externes au Centre.
Marthe est un exemple des formes de réinsertion sociale que l'association Handri malgache, avec les sommes versées par les parrainages d'externes des « amis d'Handri », tente de réaliser. En effet, au lieu de verser chaque mois le petit reliquat d'argent qui reste après avoir payé l'écolage et les autres frais liés à la scolarité, le Centre Handri regroupe en une seule fois une somme plus importante qui permet à la famille de démarrer une petite activité lucrative, et donc de nourrir elle-même les enfants. 

 

C'est ainsi que Marthe et son mari ont pu se lancer dans un petit élevage de truies (deux ou trois, je ne sais plus) reproductrices. « Il y en a une qui va bientôt avoir des petits ! » nous a-t-elle dit, toute souriante. Les bénéfices ne sont pas énormes cependant, et il y a toujours besoin de l'aide des Vazaha pour l'école. Elle nous a remercié chaleureusement et, à travers nous, les parrains de Mialintsoa et Andry. Pour elle, il faut absolument qu'ils aillent à l'école. D'ailleurs, vu sa maîtrise du français, je suppose qu'elle-même a dû y aller.
Parmi toutes les casquettes et chapeaux qu'Erwan avait récupérés, il y en a eu pour elle et pour son mari. « Je vous invite chez moi » m'a-t-elle dit. Malheureusement, nous n'avons pas trouvé de moment pour répondre à son invitation. Mais elle et moi, nous avons eu une petite conversation si chaleureuse que je tenais à vous parler d'elle. MPD

Adhésion au collectif Mada de Nantes


Ce collectif créé en 2012 propose de réunir des associations de Loire-Atlantique travaillant avec Madagascar. Nous rejoignons donc 8 autres associations pour participer à des initiatives communes et donner plus de visibilité à nos actions. Ceci doit aussi nous permettre d'échanger sur nos pratqiues, de mutualiser des savoirs-faire et de coopérer.
Nous nous ferons un plaisir de mettre bientôt sur le blog le flyer du collectif qui va être actualisé et de vous communiquer les initiatives communes et celles des autres associations.
La réunion du collectif du 12 juin a validé notre adhésion mais nous avions été invités à ses deux précédentes réunions et à participer avec eux au Carrefour de la solidarité internationale organisé par la région Pays de la Loire à Angers le 2 mai.


Les autres associations du collectif sont Bokiko, Diégo développement 44, Hetsika, Madagascar Solidev, Nosy Mitarika, Rouge beauté, Tsara Be, Zanaka

lundi 9 juin 2014

Un weekend avec les jeunes



Nous avons eu la chance de partager un week-end avec 25 des jeunes que nous parrainons et les 4 qui sont en attente de parrainage. Pour eux tous et pour nous ce sera je crois un grand souvenir !
Trente enfants et sept adultes, ça tient dans deux minibus... En route pour Carion, un centre d'hébergement du Ministère de la Jeunesse à 30 km de Tana sur la route de Tamatave (mais pour démarrer il faut déjà une bonne heure dans les embouteillages de Tana).


La nourriture, les couvertures avaient été emmenées du centre. Là-bas, activités non stop : Battle de danse (ils sont impressionnants), karaoké, foot, basket, course en sac, autres jeux divers et variés... Et de nombreuses discussions avec les jeunes.




Nous avons même été sollicités pour des cours de français et de maths. Je ne sais plus comment la professeur de français s'est trouvée sollicitée pour expliquer futur simple/ futur antérieur. Mais elle a aussi pu les faire chanter en français. Un m'a demandé de ré expliquer l'utilisation du théorème de Pythagore, une autre les factorisations.... Je pense qu'ils voulaient surtout nous parler.
Tous ces jeunes ont trouvé l'hébergement super. Je n'ose pas imaginer ce qu'en auraient dit nos jeunes français... La mère d'un a même rapporté à Hanta que son fils lui avait dit que c'était tellement bien qu'il croyait que ce n'était pas Madagascar !
Nous retiendrons les discussions, leur joie de vivre ces moments. Ce fut aussi pour eux un moment important de connaissance et de cohésion du groupe car tous ne vivent pas au Centre. Nous n'oublierons pas les deux petites sœurs qui, au début, se méfiaient de ces deux êtres étranges à la peau pâle et qui, à la fin, venaient vers nous.


mardi 3 juin 2014

Ady Gasy

Latérit production et Endemika coproduisent ce film de deux réalisateurs malgaches,  Lova Nantenaina et Eva Lova.



Voici la présentation qu'ils en font : "Les Chinois fabriquent les objets, les Malgaches les réparent." Il y a ceux qui font des chaussures à partir de pneus, ceux qui fabriquent des lampes à partir de boîtes de lait condensé sucré, ceux qui transforment en médicaments et savon les os de zébus laissés par les chiens errants. Imaginons un instant un futur où le système économique viendrait à lâcher : ceux qui tomberaient de haut auraient peut-être du mal à se relever, tandis qu’à Madagascar, on saurait s’adapter grâce à ce sens de la débrouille, le « ADY GASY ».

Nos ancêtres disaient :  « Comme on lance un lasso aux cornes des zébus, on lance la parole aux cœurs des gens sensés ».
Telle est l’ambition démesurée de ce film, vous restituer la parole de notre grande terre peuplée de rochers, de zébus et d’ancêtres bienveillants ; peuplée aussi d’artistes, de paysans, et de débrouillards en tout genre.
Cette parole, qu’elle explique les gestes ou les âmes, est toujours digne, souvent enjouée ou cocasse, parfois désemparée ou révoltée, mais jamais amère.


Et pour voir la bande annonce :http://vimeo.com/88137015  

Perso, j'aimerais bien le voir !