Nous avions demandé à
visiter des écoles où sont scolarisés des enfants ou jeunes
parrainés par notre association. Nous avons ainsi pu aller dans une
école primaire, deux écoles secondaires et une école des
professions paramédicales. Très instructif, dur parfois !!
Rappel : dans toutes les
écoles privées ou publiques, il y a des droits d’inscription
annuel et des frais d’écolage mensuels. Pour le secondaire,
l’ensemble des frais de scolarité y compris les fournitures
s’élève à 160 à 180 € pour l’année (rappel le salaire
minimum mensuel assez souvent pratiqué est d’environ 30 €)
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C'est la récré à l'EPP... |
Une école primaire
publique (EPP)
Cette école avait été
rénovée grâce à des fonds japonais donc les locaux sont
relativement en bon état. Les bâtiments appartiennent à l’Etat
mais ce sont les parents qui font les peintures, les réparations,
débouchent les toilettes…
Il n’y a pas de
bibliothèque, pas de cantine. Les classes de CP sont à 44 et les
classes de CM2 à 52. Le manque de salles fait que l’enseignement
se fait « en 2 vagues », la moitié le matin, l’autre
moitié l’après midi
L’âge des élèves est
très divers : en CM2, sur une centaine d’élèves, 6 ont
entre 13 et 14 ans mais d’autres entrent en 6ème
à 9 ans. A la fin du CM2, ils passent le certificat (CEPE). En juin
2013, 72% des inscrits en début d’année l’ont eu mais 8%
avaient arrêté leur scolarité, sans doute à cause de
l’impossibilité de payer les frais d’écolage. 30 à 40 % des
élèves des CM2 vont au CEG.
Les enseignants
fonctionnaires ne sont pas payés régulièrement par l’Etat (en
principe, ils devraient avoir environ 35 € par mois) et ne
reçoivent que 7 € par mois de l’association de parents.
Les professeurs « non subventionnés » sont intégralement
payés par les parents (à peine 30 € par mois).
Un lycée privé (de la
6ème
à la Terminale)
Ce lycée appartient à 4
enseignants associés qui y enseignent à temps plein. D’autres y
ont des services partiels (japonais, EPS, anglais). Il y a sauf en
Terminale entre 40 et 50 élèves par classe. Les 6ème et les 5ème
sont regroupés ainsi que les 4ème
et 3ème
« on fait le programme de 6ème
au 1er
trimestre et celui de 5ème
pendant les 2 autres ». Donc un élève peut faire 6ème
et 5ème
en un an, d’autres le feront en 2 .Les horaires de cours sont
lourds avec un poids important des matières scientifiques. L’horaire
des 3ème : 7h de maths, 6 de Physique Chimie, 7 de SVT, 6 de
français, 2 de malgache, 3 d’anglais, 7 d’histoire géo et 1
d’EPS.
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L'entrée dans la classe de Dimby (4e-3e) |
Il y a un problème pour
l’informatique car il n’y a que deux ordinateurs dans
l’établissement. En 4ème
, il y a une initiation au clavier et en 2nde
à faire des recherches sur Internet.
Le niveau de français
demeure relativement faible car il y a aussi un problème de niveau
des enseignants.
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Dans la classe de Dimby |
L’école anglicane (du
primaire à la Terminale)
Elle est proche du Centre
Handri et 6 enfants parrainés y sont scolarisés. Cette école a été
créée en 1902. Même si ce n’est pas le luxe, les conditions sont
meilleures que dans les deux écoles précédentes.
Le Directeur qui nous reçoit
nous précisent que 25 élèves de « familles démunies »
ne paient pas les écolages et qu’il les scolarise quand même ;
il y a également 25 élèves, enfants de personnels de l’école,
qui ne paient pas ces droits. Ce directeur nous affiche ses
résultats : 100 % au CEPE, entre 70 et 80 % au BEPC et entre 60
et 70 au baccalauréat (ce sont les meilleurs des 3 communes de la
circonscription).
Cette école n’a pas de
cantine et tous les élèves rentrent chez eux à midi. En principe,
ils ne mettent pas plus de 40 élèves par classe… mais « dans
une classe prévue pour 30 on en met 35 ». En terminale, les L
et S sont séparés pour les matières scientifiques mais ensemble
dans les autres disciplines … et ils sont 55.
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A l'école anglicane |
En collège, tous
les cours, à l’exception de celui de malgache, sont en français.
Il y a des tests de niveaux
dans toutes les classes pour le passage en classe supérieure.
La direction nationale des
écoles anglicanes fait un effort sur la formation pédagogique des
enseignants. Les enseignants du primaire ont en général le
baccalauréat ; ceux de collège, la licence ; pour le
lycée, ils doivent avoir le CAPEN (ce qui semble être l’équivalent
de notre CAPES).
Le directeur évoque aussi
les conséquences de la malgachisation (période Ratsiraka) sur le
niveau de langue française des enseignants.
Des constantes
Le manque de livres,
d’ordinateurs : « vous pouvez nous en envoyer ? »
L’entrée en 6ème se fait
à des âges très variés
Il y a souvent un gros souci
d’investissement des familles qui suivent peu le travail fait et
qui sollicitent les enfants pour un certain nombre de travaux.
L’intérêt de la scolarisation n’est pas toujours compris. Mais
quand on perçoit les conditions d’habitation, la taille des
logements l’absence d’électricité… il est évident que
beaucoup d’enfants ne peuvent faire aucun travail à la « maison ».
En primaire et secondaire il
y a, dès le CP, une notation qui nous semble très sévère et des
classements pour chaque période de 2 mois « il faut noter dur
pour motiver ». Des élèves de CP peuvent avoir 1 ou 2 de
moyenne !!
École d’infirmières
Cette école ouverte depuis
seulement 2 ans a 3 filières : infirmières, sages-femmes,
techniciens de labo. Elle accueille 130 étudiants. Nous étions reçu
par la Directrice pédagogique, une ancienne sage-femme
L’admission se fait sur
concours. En première année, après 3 mois d’initiation aux
pratiques hospitalières, ils vont faire un stage en hôpital public
ou privé. En 2ème
et 3ème
années, les cours et stages se font en parallèle. Un mémoire est
rédigé en fin de3ème année. L’école est habilitée à délivrer
le diplôme professionnel qui a valeur de licence.
L’enseignement se fait en
français « mais parfois on doit passer au malgache ». Il
faut bien sûr que les futurs infirmiers aient une connaissance des
termes techniques malgaches pour communiquer avec leurs futurs
patients mais y a aussi, pour certains, un problème de niveau en
français. La formation apparaît sérieuse, par contre les
conditions matérielles des stages peuvent être difficiles. Tout
d’abord il y a des droits de stage à payer. Les gants, l’alcool,
les produits pour désinfecter devraient être fournis par les
patients qui souvent ne peuvent pas. Ce sont donc les stagiaires qui
doivent prévoir leur matériel et leurs produits. Ceux qui font leur
stage en milieu rural doivent souvent emmener leur réchaud… Ils
doivent aller chercher l’eau dans des cours d’eau ou les lacs
pour la toilette…
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L'école d'infirmières où Fanja étudie |
Après les études beaucoup
d’infirmiers sont employés dans les hôpitaux. Les besoins sont
très importants notamment dans les provinces Le travail attendu
comporte une dimension éducation à la santé importante « et
ceux et celles qui seront en brousse seront à la fois infirmièr(e)s
et sage-femmes ». Il est aussi possible après les 3 années
d’études de faire une spécialisation en 2 ans (nutrition,
réanimation…)